Le chat Zabulon – 40 – Le choix de l’enfant

L’enfant tremblait au sol, ses grands yeux fixés sur Félix. Les gardes s’approchaient, torches brandies, leurs flammes blanches vacillant d’une lumière artificielle.

  • « Écartez-vous, ordonna l’un d’eux. Cet enfant a refusé la joie. Il doit être livré à l’Ombre. »

Ambre se plaça fermement devant lui, ses bras écartés comme un rempart.

  • « Alors vous devrez passer sur nous. »

Félix sentit son cœur s’emballer, mais pour la première fois, il ne recula pas. Il s’agenouilla pour relever l’enfant, puis se redressa, le tenant contre lui.

  • « Vous n’avez aucun droit de punir quelqu’un pour un sourire qu’il ne ressent pas. »

Nabil avança d’un pas, son amulette de cuivre brûlante contre sa poitrine. Sa voix s’éleva, claire, vibrante :

  • « Que Dieu, nous protège. Cet enfant n’est pas votre esclave. Il est libre par la volonté de Dieu. »

Les torches des gardes vacillèrent, leurs flammes blanches se teintant de gris. Mais leur colère monta.

  • « Alors vous êtes des hérétiques, des ennemis de la lumière ! »

Ils levèrent leurs bâtons.


L’affrontement

Ambre, rapide comme l’éclair, attrapa un bâton à mains nues, le détourna et frappa l’un des gardes au torse. Il s’effondra dans un cri étouffé.

Félix, encore hésitant, sentit son pendentif spiralé vibrer. Une onde de lumière jaillit, repoussant le second garde qui chancela, surpris.

Nabil leva les bras et déclara d’une voix ferme :

  • « Merci mon Dieu, La vérité n’a pas besoin de vos chaînes ! »

Alors, le feu des torches s’éteignit brusquement.


La peur des gardes

Les deux hommes reculèrent, effrayés.

  • « Ce ne sont pas de simples voyageurs… Ce sont ceux dont parlait la prophétie ! »

Ils lâchèrent leurs armes et s’enfuirent, leurs pas résonnant dans la rue déchirée entre lumière et ombre.

Un silence lourd s’installa. Les habitants, témoins de la scène, sortaient timidement des maisons : certains du quartier lumineux, leurs visages troublés, d’autres de l’ombre, leurs yeux pleins d’espoir.

Ambre posa une main sur l’épaule de Félix, encore tremblant.

  • « Tu as tenu bon. »

L’enfant serra Félix plus fort contre lui, des larmes coulant sur ses joues sales.

  • « Merci… »

Zabulon s’assit au milieu de la rue, ses yeux verts flamboyant comme deux lanternes. Sa voix résonna dans leurs esprits :

  • « Vous avez choisi, sans même vous en rendre compte. La lumière forcée n’est qu’une autre ombre. La vérité est dans le geste qui protège l’innocent. »

Nabil hocha la tête, ses yeux brillants d’une conviction tranquille.

  • « Alors, c’est par lui que nous rallumerons la dernière flamme. »

⬆️➡️