La lumière de l’obélisque s’était apaisée, mais la Cité vibrait encore doucement, comme une harpe invisible. Les silhouettes translucides s’étaient rapprochées, formant un cercle silencieux autour d’eux. Leur éclat n’était plus sévère : il ressemblait à une veille bienveillante.
Félix, encore tremblant après l’épreuve de la faille, sentit une chaleur contre sa main. Ambre ne l’avait pas lâché. Leurs doigts étaient toujours entrelacés. Il osa lever les yeux vers elle.
Elle lui rendit son regard, plus doux qu’il ne l’avait jamais vu.
- « Tu n’as plus peur », murmura-t-elle.
Félix eut un sourire timide.
- « Pas quand tu es là. »
Ambre haussa un sourcil amusé, mais son visage s’adoucit aussitôt. Elle serra sa main un peu plus, comme un aveu muet.
À leurs côtés, Nabil les observait. Il s’avança d’un pas et posa ses petites mains sur celles des deux adultes jointes. Sa voix claire résonna, ferme mais tendre :
- « Que Dieu vous guide dans cette force nouvelle. Vous n’êtes pas seuls. Vous êtes ensemble. »
Un frisson parcourut Félix et Ambre. Ils sentirent cette bénédiction comme une onde légère, un sceau qui scellait leur lien sans qu’aucun mot d’amour n’ait encore besoin d’être dit.
Zabulon, assis non loin, observa la scène, sa queue battant lentement la mesure. Sa voix résonna dans leurs esprits, teintée d’un éclat presque malicieux :
- « Enfin, vous commencez à marcher non plus seulement côte à côte… mais d’un même pas. »
Ambre leva les yeux vers l’obélisque qui pulsait encore doucement.
- « Il est temps. Où devons-nous aller d’abord ? »
La carte lumineuse réapparut devant eux. Le premier point s’embrasa, révélant un chemin qui serpentait hors de la Cité vers un horizon de collines sombres.
Nabil inspira profondément, la main sur sa poitrine.
- « Merci mon Dieu, Alors allons-y. »
Félix et Ambre échangèrent un dernier regard, leurs mains toujours liées. Puis, entourés par la lumière des habitants de la Cité et guidés par Zabulon, ils franchirent le seuil de l’esplanade, prêts à rallumer la première flamme.