Le chat Zabulon – 18 – Devant les trois portes

Le vent s’était tu. La plaine d’obsidienne vibrait doucement, comme si elle respirait sous leurs pieds. Les trois portails se dressaient devant eux, immenses, irréels :

Le premier, doré comme l’aube, diffusait une chaleur rassurante. Il semblait promettre lumière, sécurité et réconfort.

Le deuxième, argenté comme la lune, luisait d’un éclat froid et mystérieux. Son halo évoquait la sagesse cachée, mais aussi l’isolement.

Le troisième, noir constellé d’étoiles mouvantes, attirait et inquiétait à la fois, comme une mer sans fond où tout pouvait se perdre… ou renaître.

Félix recula d’un pas, bouleversé.

  • « Je… je ne peux pas. C’est trop. Et si on se trompe ? »

Zabulon leva les yeux vers lui, ses pupilles brillant d’un éclat sévère.

  • « Il n’y a pas de mauvaise porte. Seulement celle que vous êtes capables d’affronter. »

Ambre, les bras croisés, s’avança la première. Son regard s’arrêta sur la porte dorée.

  • « Celle-ci… elle donne envie. On dirait qu’elle m’appelle. Mais justement… c’est peut-être un piège. Trop belle, trop facile. »

Ses yeux glissèrent vers la porte argentée. Elle eut un frisson.

  • « Celle-là… c’est moi. Le froid, l’armure, le masque. Elle me ressemble. Mais si je la prends… est-ce que je vais me condamner à rester seule ? »

Elle se détourna, pensive.

Nabil s’approcha à son tour, le visage grave. Il s’inclina légèrement et murmura :

  • « Que Dieu, nous protège. »

Ses yeux se posèrent sur la porte noire aux étoiles mouvantes.

  • « Celle-ci me fait peur. Mais elle me rappelle aussi le ciel nocturne, le désert, les veilles où je priais avec mon père. On dit que Dieu voile Ses mystères dans la nuit. Peut-être que la vérité est derrière elle. »

Il posa une main sur sa poitrine.

  • « Mais la vérité est toujours une épreuve. »

Félix, encore tremblant, s’avança à son tour. Ses yeux fixèrent la porte dorée.

  • « Moi… je veux juste être en sécurité. Ne plus avoir peur. Cette porte… elle promet ça. Mais… (il hésita) … je me demande si ce n’est pas justement ma faiblesse. Vouloir fuir les épreuves. »

Il se détourna vers Ambre et Nabil, la gorge serrée.

  • « Et vous ? Est-ce qu’on doit choisir ensemble ? Ou chacun pour soi ? »

Le messager les fixait de ses yeux translucides, silencieux. Zabulon, lui, s’était assis bien droit, sa queue battant lentement la mesure d’un temps invisible.

  • « Réfléchissez, dit-il dans leurs esprits. Les portes révèlent ce que vous êtes. Mais c’est à vous de décider si vous entrez séparés… ou unis. »

Leurs regards se croisèrent. Le choix approchait.

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