Le chat Zabulon – 43 – La cité réconciliée

La flamme du Dernier Feu brûlait haut dans le ciel, douce et éclatante à la fois. La frontière invisible qui scindait la ville s’était dissoute. Les habitants du quartier lumineux, libérés de leurs sourires forcés, se regardaient comme s’ils sortaient d’un long rêve. Ceux du quartier de l’ombre, habitués à la dureté, pleuraient à la vue de cette clarté nouvelle.

Un silence bouleversant envahit la place, puis, peu à peu, des mains se tendirent. Des familles séparées depuis des années se retrouvaient, des ennemis d’hier s’enlaçaient en sanglots.

Ambre observait cette réconciliation avec un mélange d’incrédulité et de fierté.

  • « On dirait… un nouveau peuple qui naît. »

Félix, encore tremblant, serra son pendentif spiralé.

  • « Et dire que tout ça tenait à une seule flamme… »

Nabil, au centre, leva son talisman sombre vers le ciel.

  • « Non, pas une flamme. À la patience, à la vérité, et à l’unité. Merci mon Dieu. »

Le retour de la Cité des Origines

Alors que la liesse grandissait, le sol vibra doucement sous leurs pieds. L’air se mit à frissonner. Au-dessus de la ville, une lumière s’ouvrit dans le ciel craquelé : l’obélisque iridescent de la Cité des Origines apparut, suspendu comme une étoile.

Les habitants levèrent les yeux, effrayés et émerveillés.

Zabulon s’assit, sa queue ondulant comme un métronome.

  • « La Cité vous appelle. Vous avez franchi les trois flammes. Désormais, votre mission dépasse ce monde. »

Une voix claire et profonde descendit de l’obélisque, résonnant dans les cœurs de tous :

  • « Vous avez uni l’ombre et la lumière. Vous avez rendu l’espérance. Mais il reste une fracture plus vaste : celle qui sépare les mondes. »

Ambre fronça les sourcils.

  • « Les mondes ? »
  • « Oui, répondit la voix. Vos flammes rallumées ne sont qu’un reflet. Il existe d’autres cités, d’autres peuples, d’autres fractures. Et si elles s’effondrent, votre monde périra aussi. »

Félix déglutit.

  • « Une mission universelle… »

Nabil posa une main sur son cœur.

  • « Si Dieu nous y conduit, alors nous irons. »

La lumière de l’obélisque pulsa plus fort, illuminant la cité réconciliée. Les habitants tombèrent à genoux, priant ou criant de joie.

Zabulon leva les yeux vers ses compagnons. Sa voix résonna comme une promesse :

  • « Vous n’êtes plus seulement les gardiens de cette cité. Vous êtes désormais les porteurs de la flamme universelle. »

Ambre échangea un regard intense avec Félix. Tous deux sentirent le poids immense de ce qui les attendait.

Et Nabil, souriant doucement malgré ses larmes, murmura encore une fois :

  • « Que Dieu, nous protège. »

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