La colonne noire se dressait devant eux, craquelée, presque morte. La braise qui la couronnait vacillait comme un souffle prêt à s’éteindre. Les habitants, massés autour de la place, retenaient leur souffle.
- Ambre, Félix et Nabil avancèrent ensemble, leurs talismans brillant faiblement à la lueur rouge. Zabulon, posté au pied de la colonne, murmura dans leurs esprits :
« La troisième flamme ne se rallume pas par des mains. Elle exige vos cœurs. Mais elle vous résistera. »
L’épreuve de Félix
Le sol s’ouvrit sous ses pieds. Félix se retrouva seul dans une obscurité glaciale. Devant lui, des voix se moquaient.
- « Tu n’es rien. Tu es faible. Même Ambre ne te regarde que par pitié. »
Des silhouettes se dressèrent, toutes à son image, tremblantes et ridicules.
Il serra son pendentif spiralé. La pierre vibra, puis s’illumina d’une lueur pure.
- « Non… Je suis faible, mais je marche. Je ne suis pas seul. »
La spirale brilla, dissipant les silhouettes.
L’épreuve d’Ambre
Elle se retrouva devant un miroir géant. Dans le reflet, des foules d’hommes la fixaient avec convoitise.
- « Tu n’es que ton corps, Ambre. Sans lui, tu n’as rien. »
Elle leva son bracelet d’argent, la flamme gravée s’embrasant soudain.
- « Non. Je suis ma volonté, mon choix, ma force. »
Le miroir explosa en éclats de lumière.
L’épreuve de Nabil
Il marcha seul dans un désert infini. Au loin, il vit son père, sa mère et son petit frère qui l’appelaient. Sa poitrine se serra.
- « Reviens, Nabil. Laisse tomber ce fardeau. »
Il s’arrêta, les larmes aux yeux. Puis il leva son amulette sombre et dit d’une voix tremblante mais ferme :
- « Que Dieu, nous protège. Ma place est ici. Dieu m’a confié une épreuve, je dois la traverser. »
L’oasis de sa famille disparut dans une lumière douce, et le désert s’illumina.
L’unité
Ils réapparurent ensemble devant la colonne. Leurs talismans brillaient intensément, projetant trois lueurs distinctes : spirale de pierre, flamme d’argent, cristal sombre.
Zabulon s’approcha, ses yeux flamboyant comme deux soleils verts.
- « Maintenant, unissez vos forces. »
Ils joignirent leurs mains, formant un cercle autour de la colonne. Félix serra la main d’Ambre, Ambre celle de Nabil, et Nabil releva les yeux vers le ciel fissuré.
- « Merci mon Dieu », dit-il avec force.
La lumière des talismans fusionna, se propageant dans les fissures de la colonne. La braise rouge s’embrasa, d’abord hésitante, puis vive, puis éclatante.
La troisième flamme jaillit dans un rugissement de lumière, s’élevant haut dans le ciel comme une torche cosmique.
Les habitants tombèrent à genoux, éblouis. La frontière invisible entre lumière et ombre disparut. La cité entière fut baignée d’une clarté douce, ni éclatante ni sombre : une lumière vraie.
Zabulon, assis, sa queue, battant lentement, déclara d’une voix grave :
- « Vous avez choisi. La vérité n’était pas dans l’ombre ni dans la lumière… mais dans l’unité. »
Ambre serra Félix contre elle, les yeux humides. Nabil leva son talisman au ciel, son visage apaisé.
La flamme du Dernier Feu brillait désormais pour tout le peuple.